Les origines du Réseau pour une économie verte (REV)

Le Réseau pour une économie verte est né des craintes croissantes concernant le changement climatique et de l’incapacité du Canada de prendre des mesures efficaces pour réduire les émissions de carbone en tant que pays industrialisé. Avec le plein essor du développement des sables bitumineux, le Canada a sa propre machine de changement climatique.

Le Canada devra transformer son économie industrielle de façon fondamentale pour arriver à inverser son rôle parmi les principaux émetteurs de carbone. Le mouvement Blue/Green Alliance qui a vu le jour aux États-Unis a conduit à la prise de mesures visant à déterminer comment mettre en œuvre un nouveau mouvement social qui regroupe les syndicats, les groupes environnementaux et les organismes de justice sociale dans le but de bâtir une véritable économie verte au Canada.

Au printemps 2008, le Congrès du travail du Canada a créé une table ronde sur les emplois verts, pour permettre un dialogue entre les syndicats et les organisations environnementales. Puis, au cours de l’hiver 2008 et du printemps 2009, l’Institut Polaris a pris l’initiative d’organiser une série de consultations auprès des six principaux syndicats canadiens, soit trois syndicats industriels et trois syndicats du secteur public.[1] Ces consultations avaient pour but de déterminer l’engagement des syndicats envers l’adoption de pratiques en matière d’écologie durable, la promotion de politiques et de stratégies environnementales et la priorité accordée à l’instauration d’une économie verte à l’avenir. Des consultations semblables ont eu lieu auprès de diverses organisations environnementales et de justice sociale phare. [2] Aussi, l’Institut Polaris a poursuivi ces initiatives en collaboration avec le Congrès du travail du Canada, ce qui a permis à plusieurs autres organisations syndicales de se joindre aux discussions.[3]

À la suite de ces consultations, les dirigeants et les représentants de 25 organisations se sont réunis en table ronde une journée entière afin de discuter de la proposition de bâtir une nouvelle alliance avec des syndicats et des organisations environnementales et de justice sociale. Après un vaste échange de points de vues, les participants ont atteint un consensus suffisant pour aller de l’avant avec la proposition de créer ce qu’on appelle aujourd’hui le réseau pour une économie verte (REV). Un comité directeur composé de représentants désignés de chaque organisation participante a depuis été mis sur pied. Comme « base d’unité », un « énoncé de vision » a été formulé et presque tous les participants y ont souscrit. Aussi, des groupes de travail ont été mis sur pied pour commencer à développer une plateforme commune et un plan d’action.

[1] Les Travailleurs canadiens de l’automobile, le Syndicat des Métallurgistes unis d’Amérique, le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier, en plus du Syndicat canadien de la fonction publique, l’Alliance de la Fonction publique du Canada et le Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public.

[2] Environmental Defence Canada, Greenpeace, Sierra Club, l’Institut Pembina, et World Wildlife Fund en plus des organisations de justice sociale telles que Indigenous Environment Network, Kairos (une coalition d’églises vouées à la justice sociale) et le Conseil des Canadiens.

[3] Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, la Fédération du  travail de l’Ontario, Toronto and York  District Labour Council et les Machinistes.